N°17 News Novembre 2011 : " Changer ,cela s'apprend " - 08 novembre 2011

« Changer, cela s’apprend ».
Article de novembre 11 : Ricardo Croati France Training pour 3i3s
« Une des plus grandes découvertes de ces dernières années en psychothérapie, c’est que changer cela s’apprend », Christophe André.
Pourquoi un article sur ce thème ? Car depuis quelque temps, je suis surpris d’être sollicité par des clients pour des coachings qui me précisent ce qu’ils en attendent pour leurs cadres dirigeants. Et souvent la liste des doléances est longue. Puis, au détour d’une réflexion, d’une analyse, tombe alors comme un couperet : « mais de toute façon, chasser le naturel, il revient au galop ». Combien de fois ai-je entendu, après un coaching, le prescripteur me dire « je dois vous avouer Monsieur Croati, que l’on ne croyait pas du tout que Monsieur Untel pouvait changer »…
Ce genre de remarque ne devrait plus résister très longtemps. Elle témoigne d’abord d’une limite pour la personne qui la profère, car finalement elle évoque ses freins, ses propres rigidités face à sa propre évolution (projection ou confort de ne pas vouloir faire face à ses difficultés), mais plus encore elle enferme l’autre dans un sarcophage comportemental dont il ne pourra s’échapper. On pensera alors, si des changements s’opèrent, qu’ils ne sont que provisoires et que sous la pression et sur la durée, les vieux réflexes réapparaitront. Ne projetons pas sur les autres nos propres limites et ayons confiance en celui ou celle qui ressent les moindres changements car ce sont les prémices d’une belle évolution à venir. Apprenons aussi à passer outre les comportements anciens de collaborateurs ou d’amis indélicats.
Donc la réalité du changement existe bel et bien surtout depuis que nous avançons sur la compréhension des mécanismes psychologiques et neurocognitifs.
Changer, cela s’apprend. Tous les jours, des personnes témoignent qu’un coaching, une formation, une lecture, un professeur, une relation, les a transformés. Combien de personnes encore ont radicalement « changé » grâce à la découverte de la spiritualité entre autre. Combien de personnes encore prennent conscience de leurs attitudes, après un licenciement ou une crise grave, et qui ne se comporteront plus comme auparavant ? Combien de femmes, après l’accouchement, se transforment en mère aimante, prêtes à tout sacrifier pour l’amour de leur enfant ? Combien de prisonniers deviennent des humanistes ?
La quête d’un mieux-être est un objectif largement partagé en ces temps où il est difficile de trouver sa place. Vouloir régler ses problèmes, c’est aller plus loin et plus paisiblement là où l’ego sévissait et rendait malheureux. S’ouvrir c’est une promesse même au bonheur. Alors accepter de voir chez l’autre les nouveaux comportements positifs, c’est se mettre soi-même en position d’humilité et d’évolution, c’est percevoir les échecs passés comme des étapes de l’apprentissage car celui qui veut évoluer ne pourra le faire que dans la confiance et l’intelligence.
N’oublions pas que la tendance naturelle de l’être humain est à une dilatation de l’ego. Donc les personnes qui cherchent à évoluer, recherchent plus à être qu’à paraître. Ce choix est enviable car il permet de toucher au plus près l’estime de soi si indispensable dans les relations humaines. Moins de faire et plus d’être. N’est-ce pas là l’enjeu majeur des vingt prochaines années pour vivre mieux, plus en harmonie avec nous même donc avec les autres ? N’est-ce pas là la récompense d’années de crise, de pression sociale, d’égoïsme, que de vouloir être plus ouvert, plus authentique, plus présent, plus vivant ?
Personnellement, une phrase entendue il y a fort longtemps, a changé le cours de ma vie et aujourd’hui m’amine encore : « c’est dans l’échec qu’il y a les germes de la réussite ».
Ayons confiance en la capacité de chacun à évoluer, à être meilleur. Le changement n’est possible que dans l’action intelligente. L’humilité viendra renforcer cet apprentissage car « changer un peu, c’est déjà beaucoup ».
Acceptons ce fait. Vos collaborateurs peuvent changer, évoluer, tout comme vous, vos enfants, vos proches. Evitons l’étiquetage qui viendrait renforcer nos convictions sur un individu. Il ne faut pas rester enfermé dans ses croyances limitantes.
Vu du côté de la personne qui travaille sur elle, elle vit le plaisir de sentir en elle ces changements si importants pour elle et pour son environnement. Et par effet systémique, tout ce qu’il y a autour va aussi évoluer, bouger, se transformer. Comme ce manager qui s’aperçoit, après un coaching, que ses collaborateurs, qui étaient jusque-là distants avec lui, se mettent à le tutoyer naturellement. Ou encore cette personne qui ne parvenait pas à dire les choses, une fois cette limite franchie, tout autour d’elle s’est transformé. Son propre regard était plus calme et plus serein. Plus intelligent également, au sens « intelligence préfrontale » c’est-à-dire capable de s’adapter à la complexité et ne pas rester la proie de son passé douloureux qui nous pousse à reproduire indéfiniment les mêmes comportements.
Les exemples sont nombreux. Alors changer, cela s’apprend. Certes, cela demande du travail, du courage, du temps... Vous pouvez accélérer les choses en étant bienveillant avec les personnes qui décident d’avancer. Le coaching, la psychothérapie, les techniques neuro cognitives et comportementales, l’hypnose, la méditation reconnue aujourd’hui par les sciences comme étant ce qu’il y a de plus puissant, la spiritualité, tous ces moyens sont là pour ne pas rester enfermé dans nos mécanismes et développer notre lucidité.
Croyez-vous toujours que l’on ne change pas ? Alors modifions la sémantique ! Préférons à « changer » le mot « évoluer ». Ressentez-vous cette fluidité dans ce terme ? Ressentez-vous sa promesse d’ouverture ?
Notre environnement nous phagocyte de plus en plus, il est devenu très facile de nous couper de notre intériorité. Seuls, nous les êtres humains, nous nous projetons dans l’avenir, regrettons le passé, et ne sommes pas satisfait du présent. Nous souffrons de souffrir. Si notre cerveau produit de la souffrance il peut produire également son remède.
Changer, cela s’apprend. Pardonner aussi. Alors évoluons.
Ricardo Croati




