News N°18 Décembre 2011 : 3 sujets pour clore cette année 2011 marquée par la crise et pour terminer sur un note positive. - 11 décembre 2011

« C’est dans le mode échec que la vérité commence à faire acte de présence » Charles Pépin
Je reviens sur le fait que la philosophie nous aide à comprendre le monde et permet d’atténuer nos craintes face à un environnement complexe. Chercher des réponses nous aide à sortir d’une pensée rigidifiée par nos peurs anciennes. Le philosophe Charles Pépin nous rappelle que la réussite d’une vie est peut-être davantage une suite d’échecs qu’une suite de succès… une suite d’échecs identifiés, analysés, rectifiés… La crise est ce moment où s’ouvre le réel… En France nous possédons en nous la culture de l’échec. Nous regardons ce qui ne va pas comme pour nous convaincre que le monde est tel qu’on le voit. Dans d’autres cultures, l’échec est vécu comme renfermant les germes de la réussite. Ici , « un homme qui a échoué est un homme qui a échoué ». L’ouverture à soi et au monde consiste àrepenser ses convictions :« Un homme qui a échoué est un homme qui a essayé, c’est un homme qui n’a pas encore réussi ». Je trouve que le monde est de plus en plus complexe… Repenser mon mode de réflexion, c’est m’ouvrir à l’autre et au monde avec un esprit moins étriqué, plus calme, plus sage, plus vivant et surtout, avec moins de peurs inconscientes qui freinent toute évolution.
Les neurosciences au service des experts…
Se retrouver dans un amphithéâtre avec dix responsables d’une fédération de chirurgiens, eux-mêmes chirurgiens, pour leur parler des neurosciences cognitives et comportementales (NCC) comme réponse au stress des patients et parvenir à les captiver est très encourageant. Le stress et les NCC sont désormais des sujets d’attention pour cette corporation. Du monde médical à l’entreprise, il n’y a qu’un pas. L’être humain cherche à aller à la rencontre de lui-même, à comprendre comment sortir des chemins qu’il croyait rectilignes et qui, en réalité, tournent en rond depuis des années. Cela nécessite de remettre en cause des certitudes mais c’est une belle preuve d’intelligence humaine. Les croyances limitantes font place au doute : « Et si mon cerveau me jouait des tours en pensant que mon comportement est le bon alors qu’il ne fait que renforcer des blessures passées ? L’intelligence préfrontale, c’est penser que telle personne est plus que ce que je vois d’elle. Bien entendu, le cerveau produit des pensées qui se veulent être protectrices d’un danger supposé. Alors qu’en fait si l’on nuance les choses, au lieu de rester dans une pensée simplifiée, si l’on relativise au lieu de se contenter de nos certitudes, si l’on s’adapte au lieu de résister, si on est curieux afin de remplacer la routine et les habitudes (j’ai toujours fait ainsi), si on réfléchit au lieu de s’enchaîner à l’empirisme d’une pensée sclérosante et si on tourne le dos aux jugements des autres, alors le calme que cela génèrera nous apportera l’intelligence humaine, l’ouverture, le bien-être et surtout la capacité à développer une plus grande efficacité en situation complexe. Ne plus fuir mais faire face avec sérénité. Quel que soit le stress des uns et des autres, il se règle de la même façon. La préfrontalité est aujourd’hui la réponse la plus adaptée.
Il n’y a pas de bonheur sans don
Nous savons qu’en amour, pour être heureux il faut donner authentiquement sans rien attendre en retour. C’est la recette du bonheur durable. Je constate qu’il en va de même en entreprise. Je sais, cela surprend et pourtant ! Plus un manager donnera de son temps, de sa disponibilité, de son authenticité, plus il sera honnête envers lui-même et les autres, en retour plus il recevra l’attention et le respect de son entourage. Ne dit-on pas qu’un leader est celui qui fait naître le leadership chez l’autre ? Alors tentez de ne plus alimenter ce que précisément vous reprochez à l’entreprise. L’inhumanité ! Osez lâcher un peu le moteur de la rationalité et allumer le moteur relationnel. Vous constaterez que votre bateau ira plus loin, plus droit et que vous serez plus efficace. « C’est dans les mots que la pensée fait sens » disait Hegel. Alors le don que vous pouvez faire à l’autre, c’est de lui parler, de l’écouter. Il ne s’agit pas de faire dans l’angélisme, mais de miser sur ce qu’a montré une étude récente, à savoir le manager de demain devra être plus tourné vers le relationnel s’il veut aller vers la performance. N’attendez pas. Il n’y a pas de danger quand on donne avec intelligence. « On ne voit bien qu’avec le cœur », disait Saint Exupéry. Ricardo Croati / 0670688334





